Un phénomène naturel dangereusement accentué par l’activité humaine
Le rôle de l’énergie
Des scénarios inquiétants
 

Gaz à effet de serre


Un phénomène naturel dangereusement accentué par l'activité humaine

La vie sur terre et sa pérennité dépendent, entre autres, d’un équilibre thermique au sein de l’atmosphère. La terre reçoit l’énergie solaire sous forme de radiations, notamment visibles et ultraviolettes. Une fois absorbées par l’atmosphère, ces radiations sont transformées et réémises sous forme de radiations infra-rouges. Certains gaz naturellement présents dans l’atmosphère présentent la caractéristique d'absorber le rayonnement infrarouge. Ils retiennent ainsi une partie de l'énergie solaire et jouent un rôle tout à fait similaire à une serre de jardin dans laquelle l’énergie solaire est piégée et transformée en chaleur. Si de tels gaz n’étaient pas présents dans l’atmosphère, la température moyenne de la surface terrestre serait, d’ailleurs, nettement plus faible (environ –19°C) que ce qu’elle est en réalité.

Si les scientifiques, suivis ensuite pas le monde politique, ont, depuis plus d’une décennie, tiré la sonnette d’alarme concernant l’effet de serre, ce n’est pas par rapport à cet effet de serre naturel, mais bien par rapport à son renforcement progressif lié à l’accumulation croissante de différents gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Il est maintenant communément admis que l’activité anthropique est pour une large part à l’origine de ces augmentations. Celles-ci s’observent sur les deux cents dernières années, grâce à différentes méthodes d’observation scientifiques, pour les trois principaux gaz à effet de serre émis par les activités humaines : dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4) et protoxyde d’azote (N2O).

La carte des "Émissions des principaux gaz à effet de serre" met en évidence la distribution géographique des émissions wallonnes.


Le rôle de l’énergie

Les émissions de CO2 représentent de l’ordre de 80% de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre provenant des activités humaines à l’échelle de la planète. L’essentiel de ces émissions est lié aux consommations d’énergie fossile et est généralement accompagné d’émissions d’oxydes d’azote et de composés organiques volatils (COV), particulièrement pour des carburants comme l’essence et le diesel.

Le rôle des consommations d’énergies fossiles est encore renforcé du fait qu’elles génèrent également d’autres gaz tels que les oxydes d’azote et des composés organiques volatiles. Si ces gaz n’induisent pas d’effet de serre, ils participent, par contre, à la formation d’ozone (O3) qui, lui, en provoque.

Figure : le typhon "Violet" aux Philippines (septembre 1996)
Source : NASA/WWW.GEOMAN.NET, image retraitée par Olivier de Goursac


Des scénarios inquiétants

L’accumulation de données scientifiques montre que la température moyenne de la surface terrestre a augmenté de 0,6°C au cours des 140 dernières années, c’est-à-dire depuis la révolution industrielle. Cette variation, insignifiante à première vue, reflète en réalité une augmentation très rapide comparée aux fluctuations à l’échelle géologique. Si les scientifiques sont longtemps restés prudents quant au lien de cause à effet entre ce réchauffement et l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, les preuves scientifiques sont maintenant suffisantes pour le reconnaître.

Or, les émissions de gaz à effet de serre, et de CO2 en particulier, sont loin de diminuer. Au contraire, elles continuent d’augmenter, du fait, en particulier de consommations accrues d’énergies fossiles à l’échelle mondiale. Les progrès technologiques sont restés insuffisants pour compenser une demande toujours croissante d’énergie.

Des modèles climatiques, couplés à des scénarios d’émissions à long terme permettent aux scientifiques de proposer des scénarios d’évolution du climat pour le siècle prochain. Selon le GIEC , la température globale moyenne de la surface terrestre pourrait subir une augmentation allant de 1,4°C à 5,8°C d’ici 100 ans. Cette gamme de variation reflète les incertitudes quant à l’évolution possible des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Le changement climatique sera, toujours selon le GIEC, associé à d’autres conséquences telles que l’augmentation des précipitations, la fonte des glaces, la hausse du niveau marin et donc la mise en péril de certaines régions côtières et d’îles, des températures extrêmes dans certaines régions en particulier et la perte de biodiversité. Il faut s’attendre à ce que ces bouleversements provoquent l’exode massif et forcé de populations entières, des réfugiés climatiques en quelque sorte.