Des débuts très discrets
L'énergie, colonne vertébrale du développement
 

Le passé


Des débuts très discrets

La trace des premiers usages de l'énergie par l'homme se perd dans la nuit des temps. C'était l'époque de la découverte et de la maîtrise du feu. À dater de cette époque, l'homme devint effectivement consommateur d'énergie. Bien sûr de façon extrêmement limitée, puisque l'énergie servait alors exclusivement à cuire les aliments et à réchauffer tant bien que mal, les premières habitations humaines. La sédentarisation de l'humanité et les progrès de l'agriculture vont permettre la découverte de nouvelles formes d'énergie, qu'elles soient d'origine hydraulique (moulins à eau), éolienne (moulins à vent) ou musculaire (animaux de traits mais aussi esclaves...).

De ce point de vue, aujourd'hui, le ménage moyen wallon consomme en électricité 3700 kWh par an. Quotidiennement, cela représente l’équivalent du travail de 10 esclaves de l'antiquité et 1,5 Euro au tarif électrique jour ! Qui dira encore que l'énergie est chère ? (voir aussi : économie)

Notons, qu'un homme bien entraîné, un sportif de bon niveau, est capable de produire journellement environ 1 kWh.

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Durant toute cette période qui s'étend jusqu'à la révolution industrielle, l'énergie est rare et peu disponible. Elle est réservée à la satisfaction des besoins les plus élémentaires de l’humanité (cuisson, chauffage). Sa rareté dicte aussi, bien sûr, sa valeur économique élevée. Seuls les puissants peuvent payer les armées d'esclaves ou d’ouvriers qui leur permettront de faire sortir de terre les pyramides et les cathédrales ou de se déplacer en chaises à porteur. Dans ces temps reculés, l'usage des énergies fossiles est pratiquement inexistant et en tous cas anecdotique. Dans nos régions, la houille est connue dès l'époque Gallo-Romaine. Pourtant, il faut attendre le XIIIème siècle, pour qu'une exploitation méthodique du charbon voit le jour aux environs de Liège

Bref, la période pré-industrielle se caractérise par des consommations énergétiques très faibles et l'énergie joue un rôle mineur dans la société où elle n'est pas l'objet de convoitises

Figure : Découverte de la houille au Pays de Liège (extrait de l'Histoire de la Ville et Pays de Liège) par le R.P. Théodose Bouille publié en 1725"
Source : Société anonyme métallurgique d'Espérance Longdoz


L'énergie, colonne vertébrale du développement

Avec le début de l'ère industrielle, cela change radicalement. Les découvertes scientifiques, les progrès de la thermodynamique et des technologies permettent et entraînent une hausse très rapide de la demande en énergie. Cette demande est telle que les combustibles de l'époque, essentiellement le bois, ne peuvent faire face à l'offre. C'est ainsi que pour lutter contre la disparition rapide des forêts anglaises, les sujets de sa Gracieuse Majesté redécouvrent le charbon et en généralisent l'usage dans l'industrie et les transports. On peut dire que pour une bonne partie de l'Europe et les Etats Unis, le XIXème siècle est l'âge d'or du charbon. Toute une civilisation se construit sur sa disponibilité et son abondance. La sidérurgie, l’industrie du verre et tant d'autres s'arc-boutent sur ce vecteur énergétique. La géographie industrielle de la Wallonie s’explique, pour une large part, par l’exploitation historique des sites charbonniers aujourd’hui tous fermés, qui jusqu’aux années 60, a servi de trame à la plupart des implantations des grosses entreprises (en savoir plus : industrie). Le phénomène peut être transposé au secteur du transport également. La machine à vapeur a permis les premiers développements de la mobilité de masse, grâce aux chemins de fer. C'est elle aussi qui a révolutionné le transport maritime en l'affranchissant des caprices du vent (voir aussi : Charbon)

À l'ombre du charbon, d'autres énergies fossiles comme le pétrole et le gaz naturel ont petit à petit pris de l'importance et complètent encore aujourd'hui le paysage énergétique wallon, belge, européen et mondial. Le monde moderne s'est donc structuré sur de fortes demandes énergétiques et l’énergie occupe encore aujourd'hui une place centrale dans le monde développé. On peut dire qu’elle est devenue la colonne vertébrale du développement de nos civilisations. Bon nombre de crises géopolitiques modernes trouvent d'ailleurs leur origine dans les risques de voir se tarir telle ou telle source d'approvisionnement énergétique. La guerre du Golfe du début des années nonante en est un exemple particulièrement frappant. Voir se fermer les robinets du pétrole, tel fut le cauchemar du XXème siècle finissant.

Pourtant, jusqu’à la fin des années 60, les préoccupations liées à la rareté, à l’épuisement prévisible des ressources et aux dégâts causés par l’utilisation intensive des combustibles fossiles sont inexistantes. Ce sont les réflexions du Club de Rome qui marqueront le début de nouvelles prises de conscience. (en savoir plus : Rareté et Environnement).

Figure : Installations de la Société des Charbonnages, Hauts-Fourneaux et
Laminoirs de l'Espérance (Seraing, 1876)

Source : Société anonyme métallurgique d'Espérance Longdoz