Flux énergétiques de la Wallonie
à l'aube du troisième millénaire

Le schéma des flux énergétiques donne l'image la plus expressive de la circulation de l'énergie dans une région en détaillant les principaux vecteurs énergétiques qui y sont utilisés. La taille relative des différents flux est représentée proportionnellement à leur poids en tep (tonne d'équivalent pétrole). La photographie de l'arbre des flux se décline en trois lectures correspondant à trois grandes parties : l'approvisionnement, la transformation et la consommation.


Origine énergétique : une Wallonie importatrice et dépendante

À gauche, l'ensemble des approvisionnements énergétiques est recensé. La somme donne la consommation intérieure brute (CIB) totale. Il s'agit, d'une part, des énergies importées sous diverses formes telles que le charbon, le gaz, le pétrole ou l'uranium. D'autre part, le petit volume des énergies endogènes, autrement dit les ressources propres, est identifiable par les lignes verticales. Il s'agit d'un peu d'hydroélectricité, de biomasse et de combustibles récupérés sur les terrils wallons. Inversement, les lignes horizontales indiquent une importation nette.

Le schéma met en exergue l'extrême dépendance énergétique de la Wallonie même si l'apport du renouvelable améliore petit à petit la situation. En 2008, la Région wallonne a ainsi importé 96 % de ses besoins énergétiques. Cette augmentation est clairement perceptible pour le vecteur gaz naturel. Ce combustible passe de 17 % de la CIB en 1984 à 20 % en 2008. Inversement, les importations de charbon subissent une chute spectaculaire, passant de 36 % à 11 % de la CIB de 1984 à 2008.

Par comparaison, 50 % des approvisionnements énergétiques de l'Europe s'appuie sur des ressources propres. Malgré cette situation beaucoup plus favorable, la Commission Européenne a jugé opportun de publier son Livre Vert :"Vers une stratégie européenne de sécurité d'approvisionnement énergétique". Il n'est pas vain de signaler ici que le recours plus important aux énergies renouvelables est, bien sûr, bénéfique du point de vue de l'environnement mais reste aussi, on l'oublie trop souvent, une des seules façons de diminuer notre degré de dépendance énergétique.


Transformation surtout électrique

La partie centrale du schéma des flux représente l'ensemble des processus de transformation de l'énergie. Si certains vecteurs énergétiques (gaz naturel, charbon, bois) sont en partie consommés tels quels par les consommateurs finaux. D'autres sont transformés avant leur utilisation finale, on parle alors " d' énergies secondaires " . À titre d'exemple, le pétrole brut est raffiné en essence, diesel, etc... Le charbon est transformé en coke pour l'alimentation des hauts fourneaux, tout en fournissant des gaz dérivés, ensuite réutilisés.

En Wallonie, le processus de transformation le plus important est la production d'énergie électrique représentée en rouge au centre du schéma. En " intrants " les centrales électriques utilisent du charbon, des gaz dérivés, du gaz naturel, des produits pétroliers, du combustible nucléaire et des énergies renouvelables. Ces différents vecteurs énergétiques sont transformés en énergie électrique. À la sortie, la valeur énergétique de l'électricité produite est proportionnellement beaucoup plus faible que celle des intrants. La différence se retrouve dans une importante émission de chaleur dont une part seulement est récupérée (en jaune). Le reste se dissipe en énergie perdue dans les installations de refroidissement des centrales électriques thermiques ou nucléaires. Ces pertes sont schématisées par la flèche blanche tournée vers le bas. La flèche rouge verticale et vers le haut indique une exportation nette d'électricité hors de la région. La Wallonie est largement exportatrice d'électricité, principalement vers la Flandre, du fait de son parc nucléaire surdimensionné par rapport à ses besoins propres.


Qui consomme quoi ?

La partie droite du schéma donne l'ensemble des consommations énergétiques finales secteur par secteur et vecteur par vecteur. Sans surprise, le secteur des transports se démarque par une consommation presque exclusivement basée sur des produits pétroliers (essences et diesel). La sidérurgie a de longue date pris option pour le charbon et ses gaz dérivés, alors que le logement n'en consomme pratiquement plus. L'électricité est partout présente de façon significative sauf dans les transports où son utilisation reste marginale (trains, trams, métro) .

Comparer les schémas des flux wallon et européen revient à mettre en lumière les principales caractéristiques du paysage énergétique wallon. Ainsi, ce type de schéma laisse clairement apparaître l'importance considérable de la consommation énergétique de l'industrie wallonne et tout spécialement de sa sidérurgie. Le schéma illustre aussi le poids du nucléaire dans notre région et le caractère largement exportateur de la production électrique wallonne.