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Depuis longtemps, les hommes sinterrogeaient sur la nature de la source dénergie interne du Soleil. Lénergie chimique ou leffondrement gravitationnel des corps ne permettaient pas dexpliquer les formidables flux dénergie émanant de notre étoile depuis plusieurs milliards dannées. Ce nest quau début du XXème siècle que les physiciens comprirent les principes qui régissent les réactions nucléaires quelles soient de fusion ou de fission. Ils purent alors expliquer lorigine du feu stellaire. À dater de ce moment aussi, les ingénieurs et les décideurs commencèrent à sintéresser de très près à cette nouvelle source dénergie particulièrement prometteuse. Cest le 12 décembre 1942 que Fermi fit fonctionner pour la première fois un réacteur à fission nucléaire (à lépoque on parlait encore de pile atomique). Lénergie nucléaire connut alors les applications militaires que lon sait en 1945 à Hiroshima et Nagasaki. Par la suite, les recherches tant civiles que militaires se poursuivirent des deux côté du Rideau de fer et aboutirent en 1954 au premier couplage dun réacteur nucléaire au réseau électrique. Cela se passait à Obninsk en Russie près de Moscou. |
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En Belgique, le premier réacteur nucléaire fonctionna à Mol dès 1962. Ensuite, peu après le premier choc pétrolier, les premières centrales industrielles furent mises en service en 1975 à Doel et Tihange |
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Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 et la crainte dune pénurie énergétique, favorisèrent grandement le développement du nucléaire civil dans les pays développés. En Europe particulièrement, luranium fut perçu comme un substitut potentiellement très intéressant du pétrole. De fait, luranium est relativement bien réparti à la surface du globe et ses réserves sont abondantes, le transport du minerai non enrichi est effectué par bateau et ne pose par de problème particulier. L'uranium consommé en Belgique provient principalement d'Australie, du Canada et d'Afrique centrale (Gabon, Niger).
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Pourtant, depuis 1986 et le dramatique accident de Tchernobyl, de nombreux pays ont choisi de se désengager de la filière nucléaire. Latome suscite, en effet, toujours de très fortes oppositions. Il est indéniable quil continue à poser des problèmes qui ne sont pas résolus. Parmi les plus importants, il faut citer la problématique des déchets radioactifs, les risques de prolifération ou daccidents nucléaires, auxquels il faut ajouter, depuis le 11 septembre 2001, les dangers liés au terrorisme international. Il faut aussi savoir que le nucléaire est une activité extrêmement capitalistique. Les investissements nécessaires à la mise en route, au démantèlement dune centrale nucléaire et à la gestion des déchets sont colossaux (de lordre de 2,5 Milliards dEuros pour la construction dune tranche de 1000 MW similaire à celles de Tihange). Le prix du combustible nintervient de son côté que pour une part minime dans le prix de revient de lélectricité nucléaire (moins de 1 centEuro / kWh). Cet état de fait rend dailleurs lexploitation des centrales déjà amorties particulièrement profitable. Dès lors, sil est vrai que le nucléaire est malmené par les mouvements écologistes, il faut ajouter que la libéralisation du marché de lélectricité et ses contraintes de rentabilité à court terme (en savoir plus : la libéralisation) rend peu probable de nouveaux investissements dans cette filière et hypothèque fortement son avenir. Quel investisseur osera, en effet, sengager dans une technologie très coûteuse qui ne produira pas ses premiers kWh avant 10 ans au moins alors que dans le cas dune TGV (en savoir plus : Production électrique) fonctionnant au gaz naturel, les investissements sont nettement moins élevés (de lordre de 200 Millions dEuros pour les 460 MW dune tranche comparable à celle de Seraing, soit à peu près 5 fois moins cher que pour le nucléaire), que la centrale produira ses premiers kWh dans 3 ans, et quil y a nettement moins de risques de rencontrer une forte opposition de la part de riverains ? |
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Le programme nucléaire belge a mis en activité 7 réacteurs depuis 1975. La part délectricité nucléaire est ainsi en Belgique une des plus élevées dEurope et du Monde. La Wallonie est suréquipée puisque ce nest pas moins de 75 % de lélectricité produite dans notre Région qui trouve son origine dans la fission nucléaire. Cette situation la rend dailleurs fortement exportatrice délectricité, près de 9 TWh exporté en 2010. Pour cette même année, en terme de CIB (Consommation Intérieure Brute), latome pesait 35 % dans le paysage énergétique wallon. Fait nouveau, l'accord gouvernemental de 1999 a prévu la sortie à terme de la filière nucléaire, cette décision a été confirmée en 2003. Si rien ne change, les centrales seront progressivement arrêtées quand elles auront atteint l'âge de 40 ans. Entre 2015 et 2025 c'est ainsi tout le parc nucléaire wallon et belge qui sera désactivé. Aujourd'hui, en 2012, cette question fait toujours débat et le conseil des ministres du 4 juillet dernier a décidé que "deux centrales nucléaires seront fermées en 2015 : Doel 1 et Doel 2. Tihange 1 sera prolongée de dix ans, afin d’éviter le risque que 500.000 à 1 million d’habitants ne soient plongés dans le noir à certains moments pendant l’hiver (rapport d’Elia)". En principe donc en 2025, il ne restera en Wallonie dinstallations nucléaires industrielles que les anciens sites de production et les éventuels stockages de combustibles usés. Mais l'aventure du nucléaire ne s'arrêtera peut-être pas là. Partout dans le monde, des chercheurs, des industriels et des hommes politiques rêvent de relancer la filière nucléaire en développant des réacteurs de IVème génération (à l'instar du Superphénix français) qui parviennent à brûler la quasi totalité de l'uranium présent dans un minerai tandis que d'autres veulent maîtriser la fusion des atomes légers à linstar de ce qui se passe au cur des étoiles. Pour séduisante que peuvent paraître ces solutions, elles ne verront en tous cas pas le jour à l'échelle industrielle avant la moitié du XXIème siècle pour la première et 2080 pour la deuxième. D'ici là, il faudra bien trouver autre chose... |