Secteur tertiaire: consommation marginale mais croissante
Le "visage" du secteur tertiaire en Wallonie
Une société de plus en plus tertiaire
Electricité, gaz et pétrole
Un champ d’action pour l’URE
De l'influence du climat...
Une note salée
Perspectives
 

Le secteur tertiaire


Secteur tertiaire: consommation marginale mais croissante

Si sur le plan énergétique, le secteur tertiaire ne pèse pas lourd en 2010, il a tout de même absorbé 11  % de la consommation finale d’énergie en Wallonie. Mais que couvre au juste ce secteur ? Appellation large, il regroupe une série d’activités très diverses, telles que les petits commerces, les grandes surfaces, les hôpitaux, les administrations, les écoles, les banques et les assurances. En 2010, il a procuré un travail salarié ou indépendants à près de 967 000 personnes en Wallonie. Volumineux par son activité mais à la consommation énergétique faible en comparaison de l’industrie et du résidentiel, le tertiaire n’en a pas moins une consommation à la croissance impressionante, surtout en électricité. Un champ d’action indéniable pour l’Utilisation Rationnelle de l’Energie (URE).


Le "visage" du secteur tertiaire en Wallonie

La carte "Activités tertiaires" indique, pour chaque arrondissement, la répartition des sous-secteurs d'activités (santé+culture, public, commercial).

La carte se base sur la demande d'électricité des clients raccordés au réseau haute tension (HT). Ce segment du marché représente au total 3,77 TWh en 2009, soit 62 % de la consommation électrique attribuée au tertiaire. Il concerne les entreprises clientes de grande dimension. La consommation HT est répartie en arrondissement et distingue trois catégories de services : le secteur "commercial" , le secteur "public" et le secteur "santé et culture".

L'échelle de coloration des arrondissements donne également l'indication du nombre d'emplois tertiaires par 1000 habitants.

Figure : Évolution de la consommation électrique et de l'emploi du secteur tertiaire en Wallonie
Sources : ICEDD, pour la DGO4, ONSS

Figure : Part des secteurs dans la consommation finale du secteur tertiaire
Source : ICEDD pour le SPW - DGO4


Une société de plus en plus tertiaire

Entre 1995 et 2010, l’emploi du secteur tertiaire a augmenté de 24 %. Ce secteur a procuré en 2010 un travail à près de 967 000 personnes. De part leur nature, les activités du secteur tertiaire engendrent une consommation d’énergie par emploi bien inférieure à celle de l’industrie. Alors que cette dernière absorbe 4,1 millions de tep (environ 18 tep / emploi), le tertiaire n’a consommé en 2010 qu'un peu plus de 1 260 ktep (1,3 tep / emploi), soit une demande d’énergie par emploi près de quatorze fois moindre que dans l’industrie !

Figure : Part des vecteurs dans la consommation finale du secteur tertiaire
Source : ICEDD pour le SPW - DGO4


Electricité, gaz et pétrole

En 2009, la consommation du secteur tertiaire s'est partagée entre des besoins en énergie électrique (43%), en gaz naturel (34%) mais aussi en combustibles pétroliers, charbon, vapeur et autres (23%).

Le tertiaire regroupe des activités de tailles et de fonctions diverses. À chacune de ces catégories correspondent des consommations spécifiques différentes. Ainsi en 2010, les commerces (38%), l'enseignement (12%), l'administration (10%) et les soins et santé (12%) se partagent une grande partie de la consommation totale du tertiaire.

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Figure : Évolution de la consommation électrique du secteur tertiaire en Wallonie
Source : ICEDD pour le SPW - DGO4


Un champ d’action pour l’URE

La principale caractéristique de l’évolution de la consommation du secteur tertiaire réside dans la croissance continue de sa demande en énergie électrique. De 1990 à 2009, elle a augmenté de 85 %. D'où provient cette augmentation ? Plusieurs facteurs peuvent être mis en avant, cependant il est préférable de les interpréter comme la combinaison d'un tout.

D'abord il y a lieu de prendre en compte le développement du secteur. 189 000 emplois supplémentaires en 15 ans engendrent l'équipement d'autant de postes de travail, une quantité de luminaires en croissance et le recours de plus en plus fréquent au conditionnement d'air pour climatiser les bureaux et les sales informatiques. Tout ceci se solde par une croissance très forte des consommations d'électricité, sans compter la croissance des équipements dans certains secteurs spécifiques: commercial (chaîne du froid pour l'alimentaire), médical (scanner, ...).

Figure : Évolution des consommations de combustibles du secteur tertiaire wallon
Sources : ICEDD pour le SPW - DGO4, IRM station d'Uccle

De l'influence du climat...

La consommation des autres vecteurs énergétiques (gaz, pétrole, solide) présente un profil orienté à la hausse, quoique dans une moindre mesure. Les chiffres des deux dernières décennies montrent qu'en 1980, qui fut une année froide, le secteur tertiaire a consommé 6226 GWh de combustibles de chauffage, dix ans plus tard, en 1990, qui fut une année chaude, il affiche une consommation de 5366 GWh. En 2008, la consommation de combustibles du secteur tertiaire se monte à 7,68 TWh. Le profil de cette consommation est lié aux conditions climatiques qui dictent les besoins de chauffage mais aussi à l’augmentation du parc de bâtiments tertiaires, lui-même fortement dépendant de l’activité croissante de ce secteur.

Figure : Part des vecteurs dans la facture du tertiaire
Source : ICEDD pour le SPW - DGO4


Une note salée

Dans le tertiaire, le poids de l'électricité est encore plus marqué au niveau de la facture énergétique. En 2009, l’électricité représente 72% des dépenses en énergie du tertiaire. La facture énergétique totale du secteur tertiaire s'élève à 1 070 millions d’Euros en 2009. Par comparaison, 47 % seulement des dépenses énergétiques de l’industrie ont été consacrées à l’électricité au cours de cette même année.


Perspectives

Clairement, les consommations du secteur tertiaire sont structurellement en forte croissance et ce, depuis plus de 20 ans. D’une part, l’activité se développe, l’économie se ‘tertiarise’ et d’autre part, elle est de plus en plus gourmande en électricité. Le tertiaire reste néanmoins nettement moins énergivore que l’industrie. De ce point de vue, le transfert d’activité du secteur secondaire vers le secteur tertiaire est favorable à la maîtrise de nos consommations énergétiques. Mais malgré cela et du fait de la croissance rapide de ses consommations d'électricité, la maîtrise de la demande d'énergie du secteur tertiaire reste un enjeu majeur pour l'avenir.

À propos de l'Utilisation Rationnelle de l'Energie (URE), consultez le site portail de la Région wallonne à l'adresse : http://energie.wallonie.be